Confidence (1ere partie)

Publié le par enya


"Si on ne se pose jamais les bonnes questions
pourquoi aurait on un jour les bonnes réponses"

                                                   
Miossec


Chapitre 1 : Pourquoi ?


Oh bien sûr je l’aime toujours, enfin une partie de moi, et pourtant la petite fille a grandi et ne voit plus les contes de fée de la même façon. À ce qu’il parait c’est à 7ans que les petites se rendent compte qu’elles ne pourront pas épouser leur père, moi ça à durer un peu plus longtemps.

Pourtant au début, nous étions une famille tout ce qu’il y a de normale : mon père, ma mère, et moi, Céline. Je me souviens même d’un pique-nique au bord de mer. Oh quand je dis que je m’en souviens c’est juste des images, je pense que je devais avoir 2ans. Allez savoir si c’est mon esprit qui a arrangé ça à sa sauce, mais ça ressemble vraiment aux clichés, avec la nappe rouge sur laquelle était étalé tout plein de tuperwares avec tout plein de bon petits plats. Ouais sûrement ça ne ressemblait pas à ça, mais ma mémoire enfantine n’a gardé que cela de cette journée.

Pour mes 3ans j’ai eu une petite sœur, Adeline, chouette cadeau hein ? Mais en faite, si sur le coup ça fait plaisir, au bout des ans à encombre plutôt l’existence, désormais mon anniversaire était devenu le notre. Je pense que tout enfant ce sent un peu rejeté lorsqu’un nouveau débarque dans la famille, mais quand en plus ça tombe le jour de sa date la plus importante !! Certes vous pouvez me trouvez égoïste, mais c’était ma date, pas la sienne !!

Et puis ma mère est morte, la même année. Vous dire que j’étais effondrée serait vous mentir, car à 3ans, on ne comprend pas au fond. Je m’en veux toujours d’ailleurs le faite d’être là, de me souvenir, mais de n’avoir pas fait de deuil. Peut être même ai-je joué à la poupée le jour même de l’enterrement. Mais la vie continue hein ? En quelques sorte du moins. Car si je n’ai pas connue le chagrin à sa disparition j’ai au moins connue le manque. Pensez vous qu’un très jeune enfant peut déprimé ? Moi je pense que oui, d’ailleurs je l’ai vécu. Lorsque l’on vous retire 50% de l’amour que vous recevez et qu’en plus les 50% restant ne sont plus que ruine, croyez moi, vous avez tendance à déprimer. Papa a quand même remonté la pente, comme tout les veufs, moi je me suis habituée à ce manque d’amour soudain et Adeline ne se rendait même pas compte de ce qui lui manquait, ne l’ayant jamais eu.

Et puis est venu un jour que je n’oublierais sans doute jamais, le 9 mai 1994, mon neuvième anniversaire, et le sixième d’Adeline. Dans nos fêtes, la place était toujours plus importante pour la petite dernière que pour la grande première, mais ce jour là, tout fût différent, papa semblait délaisser un peu ma sœur pour s’attacher à moi. Hum je sais ce que vous allez me dire, quelle peste, la voilà contente que son père laisse de côté la petite, peut être ne pourriez vous jamais me comprendre, mais quand on est toujours la 2eme dans le cœur des gens ça fait plaisir de gagner une place. C’est pourquoi je pense que ce fût la fête d’anniversaire la plus agréable que j’ai eu, et pourtant nous fûmes que tout les trois. Et pour finir la journée en beauté mon père ne me coucha pas à 20h30 comme tout les jours, il me demanda de rester alors qu’Adeline elle devait partir dormir. Ça peut vous sembler bête mais quel moment de joie au fond de moi, un instant avec mon papa, que lui et moi, c’était si rare chez nous.

Il est parti la coucher et est revenu, on s’est assis sur la canapé, et on à parler.
« Tu es grande maintenant, tu sais, il faut que je te parle de père à fille très sérieusement »
Entre nous j’aurais préféré regarder un film que de parler sérieusement, mais si mon papa me disait qu’il fallait, c’est qu’il fallait.
« Tu sais ta mère est parti il y a longtemps, tu te souviens d’elle ? »
« Oui un peu »   
« Elle te manque ? Parce que moi elle me manque beaucoup. Tu sais, un papa a besoin d’une femme. T’es copine ont toutes un papa et une maman non ? »
« Oui »
« Un papa et une maman s’aiment très fort, et pas seulement par les mots mais aussi par le physique. Tu comprends ? »
« Oui » En vrai non je ne comprenais pas mais je ne voulais pas contredire mon père.
« Alors quand un papa perd une maman, c’est à la grande fille de la remplacer, pour pas que le papa se sente seul. Toutes les petites filles le font. Tu veux le faire et aimer papa encore plus fort ? »
« Oh oui alors » Quel petite fille refuserait ça ?
« Bien, mais il faudra que ça reste entre nous d’accord, il faut pas que les autres personnes l’apprennent parce que beaucoup seront jalouse et t’en voudront. Allez vient, on va se coucher.»

Et il m’a emporté, non pas vers ma chambre mais la sienne. Au début j’ai juste cru qu’il voulait dormir avec moi, et lorsqu’il a commencé à me déshabillé je me suis soudain senti un peu honteuse, c’est que même si c’est votre papa ça fait bizarre de se retrouver nue devant lui. Mais ça ne faisait que commencer…

Non je peux vous assurer que je n’aurais jamais raconté ça à mes amies ni à quiconque d’autre, non pas par peur de leur jalousie, mais par ma simple honte. Quand tout fut fini je ne pouvais à peine me relever, et même si j’avais si mal, je n’aurais jamais touché, au grand jamais, c’est endroit meurtri où je sentais coulé un liquide chaud. Du sang ?
 
« Tu as eu mal ? Je suis désolé… tu comprend il faut passer par là, tu es une petite fille gentille hein ? T’aimes ton papa ? Et bah maintenant lui il t’aime encore plus. Et tu verras bientôt ça ne fera même plus mal »

C’est vrai, j’avais honte, et mal, mais papa m’aimait, et je venais de gagner quelques chose qui resterait que pour moi. Alors au fond c’était pas grave, s’il fallais le faire, je le ferais. Et c’est ainsi que la vie repris son cours, lentement. À voir de l’extérieur rien n’avait changé, la petite famille parfaite, même si les gens ne savaient sans doute pas qu’un jour sur deux je ne dormais pas dans mon lit. Tout aurais pu continuer comme ça, à vitam eternam, j’aurais été ravie, même si ça faisait toujours aussi mal, mais c’est une douleur où on s’y habitue. Croyez moi, il y a pire, il y a la douleur qui vient du cœur.

La grande fille avait encore grandit et je venais à peine de fêter mes 12ans, mes notes n’avait pas arrêter de chuter, et mes relations avec mes camarades devenait de plus en plus tendu, allant même jusqu'à une petite bagarre, mais bon. Les professeurs y voyaient sans doute une crise de l’adolescence un peu précoce. Pour moi, l’important c’est que mon papa ne me disait rien, tout ce qu’il faisait c’était m’aimer.

En faite, je ne sais plus trop pourquoi, mais un jour je suis arrivé un peu en avance chez moi, comme la maison semblait vide, je me suis installé à la cuisine et ai commencé à prendre mon goûter toute seule. Un moment j’ai cru entendre un petit bruit mais n’y ai pas fait attention, les maisons regorge de petits bruits qui ne sont là que pour effrayer les enfants, mais à 12ans on arrête de les écouter tous. Pourtant bien vite j’ai entendu une porte grincée, et j’ai compris que finalement il y avait quelqu’un. Alors j’ai jeté un œil dans le couloir, juste le temps de voir Alice s’engouffrer dans les escalier, montant vers notre chambre sans doute, complètement nue. Et puis j’ai vu la porte de la chambre de papa ouverte. Je peux vous dire qu’à côté un coup de poings dans le ventre ça fait pas mal. Mais comme l’espoir fait vivre, je me suis dit que j’avais sans doute mal vu. Alors pour en avoir le cœur net, j’ai regardé par la porte, et l’ai vu, nu, lui aussi, sur son lit.

Tout était donc fini ? Cette salope m’avait aussi piqué mon amour ?? C’était mon papa et c’est moi qu’il aimait le plus, pourquoi s’était elle mise entre nous deux ? Alors en silence je suis monté, j’ai ouvert la porte de notre chambre et je l’ai vu toujours nue, sur son lit, entrain de pleurer. Oh ne vous laissez pas prendre, moi aussi j’ai pleuré, moi aussi j’ai eu mal, mais elle…elle… je suis sûre qu’en plus elle faisait semblant car elle savait que j’avais vu, et qu’elle espérait que je lui pardonnerais. Rater, ce jour là j’ai décidé de ne pardonner à personne. Elle m’a vu rentré mais n’a à peine réagi, continuant à chialée comme une gamine qu’elle était. Alors j’ai pris mon oreiller, me suis approché d’elle, et je l’ai aidé à étouffer ses sanglots. Jamais plus elle ne prendra quelque chose qui m’appartient.

Et lui ?... comment avait il pu la laisser faire sans rien dire ? Si il m’aimait pourquoi l’a-t-il fait avec elle ? Lentement, j’ai redescendu l’escalier et je suis retourné dans la cuisine, là j’ai pris le hachoir à viande et suis allé dans sa chambre, la première impression était la bonne, il dormait. Comment après m’avoir fait ça pouvait il dormir ? Il ne m’aimait vraiment plus alors ? Il fallais que je le force à me rester, et j’ai fait ce qui semblait le plus logique, j’ai plongé le hachoir dans sa gorge. Un sang épais à giclé de la plaie et il s’est réveillé brusquement, j’ai tout de même eu le temps de replonger une deuxième fois le hachoir avant qu’il ne se tienne la gorge avec ses mains, pour essayer de retenir le sang qui giclait à grand flot sûrement, mais peine perdue, ça continuait à couler, même entre ses doigts. En même pas une minute ce fût fini. Il était là, allongé, inerte, dans un lit tout recouvert de rouge. Je l’ai regardé, et j’ai compris que je l’aimais et désormais il pourrais être  à moi pour toujours et me suis allongé contre son corps.

Hélas, même le toujours ne dure pas, et au bout de trois jours, un ami de mon père, s’inquiétant de son silence est venu prendre des nouvelles. J’ai résisté pour qu’on me laisse avec lui, je ne voulais quitter son corps, il était à moi !!! Mais je ne faisais pas le poids et fût emporté loin de cet être aimé.


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Publié dans enya

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B
Un coup poing dans le bide... Je crois que l'emploi de la première personne n'y est pas étranger, j'ai lu la suite d'une traite d'ailleurs.
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E
la claque!!!
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N
ah c'est... whoo.. eh ben... On peut pas dire que ce soit gai, mais j'attend la suite avec impatience.
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